Au sein des Instituts de Formation d’Aides-Soignants (IFAS) et d’Auxiliaires de Puériculture (IFAP), ce qui se joue chaque jour, c’est bien plus qu’une transmission de connaissances théoriques et pratiques : les équipes pédagogiques et d’encadrement font acte de don de soi, en s’engageant avec générosité pour contribuer à préparer les futurs professionnels de santé à prendre soin avec humanité et dignité.

Virginie CORRAL, infirmière et responsable pédagogique des IFAP et IFAS de Paris Formations & Compétences, nous parle de cette dimension-là, celle du don de soi, indispensable dans le métier de formateur d’aides-soignants et d’auxiliaires de puériculture, mais souvent invisible, et qui mérite d’être nommée et reconnue.

La générosité comme socle de la formation en santé

La mission des formateurs aides-soignants et auxiliaires de puériculture constitue un véritable engagement : assurer la formation des futurs soignants, ceux qui vont rejoindre les équipes de terrain, pour prendre soin de nos proches, de nous… le don de soi se fait sans attendre de retour; comme lorsque l’on offre un cadeau.

Pour les formateurs en IFAP et IFAS, ce don s’exprime de multiples façons : il s’agit de leur temps, de leur détermination, du partage de leur expérience, et surtout, de leur investissement dans les métiers du soin, dans l’intérêt des personnes. Cette générosité professionnelle, présente dès notre prise de fonctions de soignant, est le socle sur lequel repose la qualité de la formation. Tous les formateurs ont un jour été soignant, et qui n’a jamais eu ou n’aura jamais recours aux soins ? Impossible de soigner sans générosité. 

Les connaissances transmises : le seul héritage qui augmente quand on le partage

« Si j’ai deux pains et que je les partage avec une personne, il ne m’en restera plus qu’un. Si j’ai deux connaissances et que je les partage avec cent personnes, j’aurai toujours ces deux connaissances, mais les autres les auront aussi ».

Formateur en IFAP-IFAS : le don de soi

La transmission de savoirs n’est pas un enseignement, c’est le partage d’une richesse qui permettra aux nouveaux professionnels d’être, à leur tour, généreux, et de donner une autre dimension au soin.

Les compétences techniques, elles, s’acquièrent avec de l’entraînement. Nul besoin de générosité pour être un bon technicien, même si cela nécessite beaucoup de rigueur et plein d’autres qualités !

Parallèlement à l’incontournable programme de formation, les formateurs ponctuent chaque cours d’histoires vécues et de savoirs que l’on n’apprend pas dans les manuels, ni en répétant un geste plusieurs fois pour le maîtriser.

Chaque jour, dans la pratique et la découverte de leur métier, les formateurs ont appris des patients encore davantage que pendant leur formation. Dans une démarche d’amélioration continue, caractéristique des établissements de santé comme des organismes de formation de qualité, ils font une autoévaluation de chaque séance, suivie d’une remédiation pour les améliorer. Leurs interventions deviennent ainsi des moments d’échanges très riches.

Ils font évoluer leurs présentations, et, pour des notions abstraites et complexes (système endocrinien, immunitaire), sont toujours en recherche d’approches innovantes. Conscients que cela déterminera la qualité de la prise en charge des personnes, ils s’investissent pleinement dans la formation des futurs professionnels.

Une pédagogie inclusive au service de la réussite de tous

Redoublant d’efforts avec les apprenants en situation de handicap, ils varient les supports pédagogiques. Déclinés autrement, ils permettront à tous de se les approprier. Pour que tous sortent du cours bien armés pour la prise en charge des personnes, ils adaptent sans cesse leurs méthodes d’enseignement ; car pour que tous puissent transmettre, il faut que tous aient reçu.

De la méthode personnalisée — accordant plus de temps, grossissant la taille de police, augmentant les interlignes, recourant aux supports audiovisuels ou à la méthode FALC (Facile À Lire et à Comprendre) — les formateurs placent l’épanouissement des apprenants au même niveau que leur réussite académique. Le don de soi devient alors, pour l’ensemble du groupe, un exemple de levier pour le développement personnel de chacun.

Quand les PSH réussissent grâce aux efforts de l’équipe, c’est tout le groupe qui peut apprécier l’impact du don sur les plus fragiles, et c’est ça qui leur donnera envie de donner aussi. Quand on réussit dans un domaine difficile, on est plus méritant : « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! ».

Il est impossible et inconséquent de donner la même chose à tout le monde. Ne laisser personne sur le bord du chemin, c’est souvent donner plus à ceux qui en ont le plus besoin. C’est à ce prix que tous auront la même chance de réussir.

De la vocation de soignant à la vocation de formateur

S’engager dans la formation, c’est poser les fondations solides des prochaines équipes de soignants. C’est aussi assumer une responsabilité collective vis-à-vis du système de santé dans son ensemble.

Désireux d’y contribuer, les formateurs font preuve de patience et de dévouement, malgré les réingénieries des formations qui adaptent les contenus à l’émergence de nouveaux besoins dans la société. Convaincus que ces métiers sont fondamentaux, ils sont sûrs de leur engagement et interviennent en garants de la compétence des nouveaux professionnels.

Le don : une onde qui se propage

C’est grâce à la générosité, au don de soi des formateurs, que les élèves les reproduiront. Ils le feront plus facilement à partir d’un modèle connu, comme une culture familiale, collective.

formateur infirmier le don

Il est fréquent de voir les élèves revenir pour dire aux équipes qu’ils ont un nouveau poste, qu’ils entament une poursuite d’études, une évolution de carrière. Ils répondent aussi à nos sollicitations pour siéger en instance, être en jury de sélection, en commission de validation d’acquisition des résultats, le plus souvent sans rémunération. Cette disponibilité témoigne d’un attachement durable à leur lieu de formation et d’une intégration réelle des valeurs qui y sont transmises. Ils repartent avec une attestation de présence et surtout, avec la sensation de contribuer, déjà, à la formation de leurs pairs.

Ils encadrent à leur tour les nouveaux apprenants dans leurs services, et ils reviendront peut-être enseigner aux prochains, dès le début de leur carrière, en intervenant ponctuellement pour partager leur expérience. Plus tard, ils pourront aussi devenir formateur, et transmettre encore…

Reconnaître et valoriser l’engagement des formateurs en santé

C’est en reconnaissant l’engagement des formateurs en santé que nous les inciterons à poursuivre. Cette reconnaissance est non seulement un devoir moral, mais aussi un levier stratégique pour l’attractivité et la pérennité des filières de formation en soins.

Le sens du don n’est pas inné : tout comme il faut le transmettre, l’enseigner, il faut aussi le cultiver. Cela commence en le reconnaissant et en le saluant. Nous le faisons ici, avec d’autant plus de conviction que, dans la conjoncture actuelle, avec le manque de personnel dans tous les services de santé, et l’arrivée, lente mais certaine, des technologies utilisant l’intelligence artificielle pour la prise en charge des personnes, quand il ne nous restera qu’une chose, ce sera bien la générosité, le don, qui feront la différence entre les humains et les machines ! Même si, à terme, elles remplaceront peut-être aussi les formateurs… la sollicitude et l’empathie des soignants se transmettront comme une valeur.

Les professionnels dont nous avons besoin, sensibilisés au plaisir ressenti lorsque l’on donne, seront le meilleur remerciement adressé à ceux qui les auront formés.

Le don : plus qu’une stratégie pédagogique, une philosophie éducative

Les comportements et les méthodes adoptés par les formateurs relèvent davantage d’une tradition, d’une philosophie de la transmission, que d’une stratégie pédagogique. En cela, ils s’inscrivent pleinement dans les valeurs portées par notre organisme de formation.

Le cadre s’est posé autour de l’existant, c’est ce qui permet à ces formations de transformer les personnes : on ne ressort jamais d’une formation en santé avec le même fond qu’en y entrant. Nous parlons ici de transformation par la formation, qui n’est possible que grâce au don. C’est une véritable métamorphose.

En effet, les compétences acquises vont bien au-delà de l’exécution des gestes de soin ou de l’application de protocoles. Donner aux autres, aux plus fragiles, en tenant à l’écart ses propres préoccupations, est la compétence la plus importante acquise en formation. Il est là, le sens profond du soin : dans le don, et on s’en imprègne tout au long de la formation.

Merci à tous les formateurs en santé !

Virginie CORRAL, infirmière et responsable pédagogique des IFAP et IFAS du GIP Paris Formations & Compétences

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Publié le 2 avril 2026 | Mis à jour le 3 avril 2026

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